Rubrique culture - derniers articles

Les monologues du vagin - il faut aimer les poils

Les Monologues du vagin est une pièce de théâtre écrite en 1996 par Eve Ensler fondés sur plus de deux cents entretiens avec des femmes de tous âges qui ont confié sentiments, sensations, douleurs ou joies liées au vagin. Le texte varie entre humour (souvent) et tristesse, pour aborder des sujets tels les règles, le regard de l'homme sur le vagin, la connaissance - ou non - de l'anatomie. La pièce alterne texte rédigé à partir des témoignages réels, et faits historiques, comme l'excision.

Ce texte "féministe" est avant tout un miroir des relations entre les hommes et les femmes, une source de connaissance, de réflexions, et de fous-rires. Lisez et écoutez un extrait sur "les poils".

 

Les poils

On ne peut pas aimer le vagin si on n’aime pas les poils. La plupart des gens n’aiment pas les poils. Mon premier et unique mari haïssait les poils. Il disait que ça faisait fouilli et sale. Il m’a obligée à me raser. Mon vagin avait l’air gonflé et exposé, comme celui d’une petite fille. Ça l’excitait. Quand il me faisait l’amour,je ressentais mon vagin comme j'imagine qu'on ressent une barbe. C'était bon de le gratter, et douloureux. Comme gratter une piqûre de moustique. J’avais l'impression qu'il était en feu. Il y avait des boutons rouges cuisants. J’ai refusé de continuer à le raser. Alors, mon mari a eu une liaison. Quand nous sommes allées faire une thérapie de couple, il a dit qu’il baisait ailleurs parce que je refusais de le satisfaire sexuellement. Je ne voulais pas me raser le vagin. Je me sentais toute petite quand je n'avais plus de poils en bas, je ne pouvais pas m’empêcher de parler avec une voix de bébé, et la peau était irritée, et même la crème à l'oxyde de zinc n’y pouvait rien. Elle m’a dit que le mariage était un compromis. Je lui ai demandé si le fait de me raser le vagin l'empêcherait d’aller baiser ailleurs. Je lui ai demandé si elle avait eu beaucoup de cas semblables auparavant. Elle m’a répondu que les questions diluaient le protocole. Je devais me jeter à l'eau. Elle était sûre que c’était un bon début.
Cette fois, quand nous sommes rentrés à la maison, c’est lui qui m’a rasé le vagin. C’était comme un bonus, une prime à la thérapie. Il m’a coupé plusieurs fois et il y avait un peu de sang dans la baignoire. Il ne l’a même pas remarqué,  parce qu'il était tellement heureux de me raser. Et, plus tard quand mon mari s’est pressé contre moi, je sentais le barbelé de ses poils, piquants et pénétrants, me râper, râper mon vagin nu et gonflé. Il n’y avait pas de protection. Il n’y avait pas de duvet.
J’ai compris alors que les poils sont là pour une bonne raison. C'est la feuille autour de la fleur, la pelouse autour de la maison. il faut aimer les poils pour aimer le vagin. On ne peut pas choisir les parties qu'on veut. En plus, mon mari n'a jamais cessé d'aller baiser ailleurs.

Aux éditions Denoël & d'ailleurs - traduction Lili Sztajn

Instant érotique

Recevez une citation, une image, un texte érotique, une actu, en fonction de nos découvertes et bénéficiez de 5 € de réduction dans la boutique
captcha 
Merci de recopier le code anti-spam

Rechercher sur le site